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16e féminicide : l’Alliance MH2 consternée

Montréal, le 4 octobre2021 – C’est avec consternation que l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2) apprenait le féminicide en contexte conjugal de Anna Uitangak,, 44 ans, à Puvirnituq dans le Nunavik survenu jeudi dernier ainsi que la tentative de meurtre d’une femme de 37 ans à Sainte-Julienne ce dimanche. Nos pensées vont évidemment aux proches des victimes. Nous sommes toutefois outrées de voir une surreprésentation des femmes autochtones dans toutes les formes de violence genrée, y compris en ce qui a trait aux féminicides en contexte de violence conjugale. En effet, nous constatons qu’une femme Inuk du Nunavik est 10 fois plus à risque d’être assassinée dans un contexte conjugal qu’une femme allochtone! Cela s’explique non pas par une prédisposition accrue des hommes inuit à la violence, mais par un grand manquement de mécanismes de mise en sécurité des femmes. L’organisation des services de santé et services sociaux et sociojuridiques doit être culturellement adaptée au contexte autochtone et garder la sécurité des femmes au centre de leurs approches.

 

Filet de sécurité

L’Alliance MH2 interpelle aujourd’hui la société à se mobiliser autour de l’enjeu de la violence conjugale. Le filet de sécurité à mettre en place autour des victimes s’organise avec la contribution de multiples acteurs; intervenant-e-s psychosociaux et sociojuridiques, entourage des victimes, voisinage ainsi que plus largement la population dans son ensemble peuvent tous et toutes avoir un impact dans la mise en sécurité des victimes.

 

Une diversité d’intervenants côtoie souvent les femmes et enfants victimes de violence conjugale avant qu’un homicide survienne. À la lumière de la gravité de la situation, toutes nos antennes et toutes nos alarmes doivent être allumées. La parfaite victime n’existe pas, chaque victime doit bénéficier d’une attention minutieuse afin de déceler les moindres indices de dangerosité.

Sabrina Lemeltier, présidente de l’Alliance MH2

 

Les services aux victimes ne doivent pas dépendre de leur code postal !

Nous nous désolons aussi de voir des féminicides se répéter dans des zones géographiques que nous identifions comme des zones chaudes de féminicides, alors que dans les 3 dernières années près de 20% des féminicides ont au lieu dans le Nunavik et près de 25% dans le corridor Nord-Ouest du Québec (Lanaudière-Laurentides-Outaouais-Abitibi-Témiscamingue). Qu’ont en commun toutes ces régions? Elles sont toutes marquées par la complexité de l’organisation du continuum de service en violence conjugale sur d’énormes territoires aux réalités socio-économiques et culturelles diversifiées, par un accès aux logements sociaux limité ainsi que par qu’un milieu communautaire sous financé. Or la complexité de l’organisation territoriale n’est pas une excuse pour restreindre les mécanismes de mise en sécurité des femmes et enfants victimes de violence conjugale. Encore une fois, nous demandons au gouvernement d’accroître la cadence sur l’implantation des recommandations du rapport Rebâtir la confiance à l’échelle provinciale. En combinant le déploiement expéditif de ces recommandations, à un accroissement de l’offre de logements sociaux pour garantir une stabilité résidentielle aux femmes, à un milieu communautaire financé à sa juste valeur pour contribuer significativement à un meilleur tissu social en plus du déploiement de nouvelles places en maisons d’hébergement, le gouvernement disposerait de toutes les mesures pour garantir un meilleur filet de sécurité aux victimes de violence conjugale.

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Source : L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2)

Demande d’informations : Vicky Croisetière, agente de communication, communication@alliancemh2.org | 438-356-2100

 

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale compte 26 maisons membres, dont l’objectif principal est la prévention de l’homicide conjugal. Elles offrent des services spécialisés en violence conjugale postséparation au premier chef la mise en sécurité physique, le premier critère d’admission est la dangerosité de l’ex-conjoint. Ceci concerne 8% des femmes qui, au départ d’un refuge d’urgence, vivent des enjeux de sécurité majeurs du fait de la dangerosité du conjoint. Elles hébergent plus de 500 femmes et enfants par année dans 140 chambres ou appartements. 

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