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15e féminicide : Alliance MH2 révoltée de constater encore d’évidents indices de dangerosité

Montréal, le 29 septembre 2021 – C’est avec désolation et avec en pensée 5 orphelins et tous les proches d’Andréanne Ouellette que l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2) constate un 15e féminicide cette année. Alors que nous rédigions, il y a quelques jours, nos questionnements relativement à la présence d’indices de dangerosité élevés ayant mené à un double infanticides-suicide en contexte de violence conjugale postséparation à Gatineau, nous nous retrouvons aujourd’hui à répéter les mêmes questionnements. En termes de facteurs de risques, nous pouvons relever ici des éléments comme une séparation récente d’une relation qui a été décrite comme toxique, de l’inquiétude des proches de la victime, ainsi que l’éloignement physique de la victime de son réseau familial. Il est très choquant aussi de voir que plusieurs acteurs étaient impliqués dans le dossier alors que l’on apprend ce matin que la DPJ était dans le dossier, que Madame Ouellet aurait eu des problèmes de santé mentale, suggérant une possible implication de plusieurs intervenants psycho-sociaux auprès de la famille. En bref, cette situation démontre le besoin urgent de formation des personnels des services psychociaux et sociojudiciaires ainsi que l’implantation imminente de cellules d’intervention rapides dans la région afin de faciliter les canaux de communication dans des situations à haut risque dans le but de garantir la mise en sécurité des femmes et des enfants. L’Alliance MH2 tient de plus à réitérer qu’une séparation imminente ou récente correspond au moment où le risque homicidaire est le plus élevé pour la femme et ses enfants alors que les stratégies de domination et de contrôle de l’ex-partenaire violent se transforment, se multiplient et perdurent. Sabrina Lemeltier, présidente de l’Alliance MH2 abonde en ce sens :

« Nous interpellons aujourd’hui l’ensemble de la population québécoise à demeurer vigilante et présente auprès de leurs proches en situation de séparation. Malgré les réponses défaillantes, il ne faut pas hésiter à interpeller les autorités policières, la protection de la jeunesse et les groupes d’aide pour conjoint violent si les comportements de l’ex-conjoint sont inquiétants. Nous interpellons aussi le gouvernement afin qu’il maintienne les efforts et de dédie toutes les ressources nécessaires pour accélérer l’implantation des changements structurels recommandés dans les rapports Rebâtir la confiance et de la Commission Laurent pour que le filet de sécurité autour des femmes et des enfants soit renforcé afin de garantir leur sécurité. »

 

Vides de services en région rurale éloignée

Alors que l’on constate 33 féminicides en contexte de violence conjugale dans les 3 dernières années, près du quart de ceux-ci ont eu lieu dans un corridor de vide de services en violence conjugale dans le Nord-Ouest du Québec. En effet, les régions de Lanaudière, Laurentides, Outaouais et Abitibi-Témiscamingue, n’ont à l’heure actuelle aucune maison d’hébergement de 2e étape en service. Quand on sait que le premier critère d’admission à ces logements sécuritaires, transitoires et abordables est la dangerosité de l’ex-conjoint, il s’agit de ressources clés pour la mise en sécurité des femmes et des enfants. Dans ce cas précis, Madame Ouellet habitait aussi à plus d’une heure de route d’une ressource d’hébergement d’urgence dans sa région. Il y a une complexité à intervenir en région rurale éloignée où l’ensemble des organismes communautaires doivent desservir de très larges territoires, alors qu’on sait qu’un milieu communautaire fort contribue à tisser un filet de sécurité pour la mise en sécurité des victimes de violence conjugale. Les services aux victimes ne doivent pas dépendre de leur code postal !

 

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Source : L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2)

Demande d’informations :

Vicky Croisetière, agente de communication, communication@alliancemh2.org | 438-356-2100

 

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale compte 26 maisons membres, dont l’objectif principal est la prévention de l’homicide conjugal. Elles offrent des services spécialisés en violence conjugale postséparation au premier chef la mise en sécurité physique, le premier critère d’admission est la dangerosité de l’ex-conjoint. Ceci concerne 8% des femmes qui, au départ d’un refuge d’urgence, vivent des enjeux de sécurité majeurs du fait de la dangerosité du conjoint. Elles hébergent plus de 500 femmes et enfants par année dans 140 chambres ou appartements. 

 

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