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2 Infanticides en contexte de violence conjugale postéparation : l’Alliance MH2 réagit

Montréal, le 24 septembre 2021 – C’est avec colère et tristesse que l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2) constate un crime d’infanticides-suicide en Outaouais dans ce qui se présente comme une situation de violence conjugale postséparation. Malgré le peu d’information dont nous bénéficions pour le moment, il est hautement frustrant de voir des indices de dangerosité aussi élevés. En effet, alors que le couple en instance de divorce en garde partagée, les forces policières auraient préalablement dû intervenir lors d’une situation de violence physique de Monsieur contre son ex-conjointe lors d’un échange de garde des enfants. L’absence de mise en accusation de Monsieur à la suite d’un épisode de violence physique est hautement questionnable. L’Alliance MH2 rappelle que le risque homicidaire pour la femme et ses enfants est à son plus élevé lors d’une séparation imminente ou récente (moins de 12 mois); période où les stratégies de domination et de contrôle de l’ex-partenaire violent se transforment, se multiplient et perdurent. L’ex-partenaire perdant son emprise sur son ex-conjointe, les enfants sont souvent instrumentalisés pour la heurter et deviennent ainsi victimes d’une violence accrue.

Maud Pontel, coordonnatrice de l’Alliance MH2 et membre du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale du Bureau du coroner, abonde en ce sens :

« Ces outrageux infanticides mettent en exergue les besoins urgents d’accélérer la cadence sur la mise sur pied de cellules d’interventions rapides à l’échelle de la province, la formation des corps policiers, la présence d’agents spécialisés en matière de violence conjugale au sein des forces policières, l’intégration de procureurs dédiés aux situations de violence ainsi que l’adaptation de nos tribunaux en instaurant un Tribunal spécialisé en matière d’agressions sexuelles et de violence conjugale ainsi qu’un Tribunal unifié de la famille.» 

 

Rappel aux journalistes

Face à la dureté de la réalité, il semble encore problématique pour plusieurs journalistes d’utiliser les mots justes et de nommer le crime tel qu’il est. Ils et elles priorisent ainsi l’utilisation de formulations comme « drame familial » plutôt que « meurtre », » homicide » ou « infanticide », venant ainsi soustraire la gravité de l’acte. Nous leur rappelons aussi que, collecter des témoignages faisant l’éloge de l’agresseur et de son tempérament paisible et amical consiste en des obstacles majeurs à la compréhension du public sur les enjeux touchant la violence conjugale et familiale, peut entraver le processus de dévictimisation des survivantes de violence conjugale en plus de heurter les proches des victimes. En effet, en présentant cet acte comme un évènement surprenant sorti de nulle part, alors que nous constatons la présence de nombreux indices de dangerosité, on contribue à la mythification de ces formes de violences comme étant foncièrement imprévisible, donc comme une triste finalité dont la société ne pourra jamais se débarrasser. Nous rappelons ainsi aux journalistes que les Rapports du Comité des experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale et du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale du Bureau du coroner offrent non seulement des pistes d’analyses pertinentes pour l’identification d’indices de dangerosité dans une situation de violence conjugale et familiale, mais suggèrent aussi de nombreuses solutions concrètes pour la prévention d’homicides et que l’INSPQ suggère une trousse média pour couvrir les questions de violence conjugale.

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À propos de l’Alliance : 

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale compte 26 maisons membres, dont l’objectif principal est la prévention de l’homicide conjugal. Elles offrent des services spécialisés en violence conjugale postséparation au premier chef la mise en sécurité physique, le premier critère d’admission est la dangerosité de l’ex-conjoint. Ceci concerne 8% des femmes qui, au départ d’un refuge d’urgence, vivent des enjeux de sécurité majeurs du fait de la dangerosité du conjoint. Elles hébergent plus de 500 femmes et enfants par année dans 140 chambres ou appartements.

 

Source :

Vicky Croisetière, agente de communication, communication@alliancemh2.org | 438-356-2100

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