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Collaboration historique entre le gouvernement et les maisons d’hébergement de 2e étape : l’Alliance MH2 prête pour une mise en chantier urgente au-delà des unités annoncées

Montréal, le 14 mai 2021 – Après des années de représentations et de revendications, l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2) se réjouit d’un déblocage des canaux de communication entre les diverses instances gouvernementales. Le traitement des dossiers concernant les maisons d’hébergement de 2e étape (MH2) est véritablement passé de procédures en silo vers des vases communicants très efficients entre les différents ministères. Nous soulignons notamment une avancée majeure relativement à l’arrimage des financements du MSSS pour les services offerts en MH2, systématiquement intégrés au développement de construction d’unités. Nous avons aussi vu de l’ouverture à réviser les formats de programmes, par exemple pour être accessibles aux femmes aux statuts migratoires précaires qui en ont besoin dans les centres urbains, ou pour garantir l’hébergement transitoire sécuritaire et accessible aux femmes ou enfant en situation de handicap.

« Depuis un mois nous avons vécu une collaboration inédite avec l’ensemble de nos interlocuteurs des ministères concernés. Nous avons vu une volonté de régler les nombreuses impasses dans lesquelles se trouvent les maisons d’hébergement de 2e étape depuis plusieurs années. Le travail amorcé est fructueux, notre expertise valorisée et l’engagement pour les prochaines étapes est au rendez-vous de part et d’autre. »

Sabrina Lemeltier, Présidente de l’Alliance MH2

Que sont les maisons d’hébergement de 2e étape en violence conjugale postséparation

L’objectif principal des maisons de deuxième étape est la prévention de l’homicide conjugal. Les résidentes sont référées par les hébergements d’urgence, les places sont attribuées en fonction de l’analyse de dangerosité de l’ex-conjoint violent. Selon les statistiques, au moins 8% (soit 500 femmes par an) à la sortie de l’hébergement d’urgence auront besoin de nos hébergements transitoires visant la mise en sécurité des femmes et des enfants. Il est important de rappeler que le risque homicidaire augmente de manière significative au moment de la séparation et dans les 12 mois qui suivent. L’expertise des intervenantes spécialisées en matière de violence conjugale postséparation des maisons d’hébergement de 2e étape est donc une ressource clé à déployer rapidement dans la prévention des féminicides en contexte de violence conjugale.

Déblocage partiel d’unités de 2e étape en violence conjugale postséparation

Si l’Alliance se satisfait d’une collaboration historique de la part du gouvernement pour adresser les blocages auxquels se buttent depuis plusieurs années les maisons d’hébergement pour le développement de leurs projets de 2e étape, elle reste mobilisée pour poursuivre les travaux. On nous annonce le développement de 236 unités, dont 77 en violence conjugale postséparation pour les membres de l’Alliance MH2.

« Nous sommes d’attaque pour poursuivre les travaux en collaboration avec les ministères concernés dès la semaine prochaine afin de faire débloquer le plus rapidement l’ensemble des projets de 2e étape pour la mise en place d’un filet de sécurité solide pour les victimes de violence conjugale et la prévention des féminicides. Il y a urgence d’agir puisque dans le marché immobilier actuel nous avons plusieurs offres d’achat qui tombent d’ici l’été, notamment à Montréal où le taux de refus des demandes admissibles est de 75%, et où il n’y a aucune place en adaptation universelle pour les femmes ou les enfants qui auraient des limitations fonctionnelles. »

Gaelle Fedida, coordonnatrice aux dossiers politique de l’AllianceMH2

Palier à des vides de services majeurs

L’annonce permettra de réduire significativement le vide de service dans le Nord-Ouest de la province. Rappelons qu’à l’heure actuelle Gatineau, Laurentides et Lanaudière n’ont aucune MH2 en service et que la Mauricie n’a que deux unités fonctionnelles; dans les 3 dernières années on y a enregistré le ¼ des féminicides en contexte de violence conjugale. Cependant, si l’annonce d’aujourd’hui représente une avancée importante pour la création de nouvelles places dans ce corridor critique, l’autre zone chaude concernant les féminicides, Montréal qui encaisse un autre ¼ dans les 3 dernières années, demeure en attente de la confirmation du déblocage de ses unités.

Une avancée importante pour la stabilité résidentielle des femmes

L’Alliance salue l’initiative attendue de longue date de dédier 100 PSL aux femmes qui sortent des maisons d’hébergement d’urgence ou de 2e étape, pour leur permettre d’accéder à la stabilité résidentielle avec des loyers subventionnés. Le logement social est un facteur déterminant pour pouvoir prendre la décision de quitter son foyer violent et s’engager dans un processus de réorganisation de vie à la suite d’une situation de violence conjugale.

De la vision sur le long terme, des mesures structurantes 

Cette annonce se présente en toute cohérence avec les multiples mesures structurantes que le gouvernement déploie depuis plusieurs semaines; principe de verticalité dans les poursuites judiciaires, tribunal spécialisé sur les violence conjugales et agressions sexuelles, réforme de la loi sur la protection de l’enfance, pour n’en nommer que quelques-unes. Aujourd’hui nous saluons évidemment le déploiement des cellules de crise demandées depuis des années dans toutes les régions du Québec, qui ont démontré combien le travail de concertation hors silo, notamment avec les groupes pour conjoints violents, est primordial pour assurer la sécurité des femmes en danger.

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À propos de l’Alliance : 

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale compte 26 maisons membres, dont l’objectif principal est la prévention de l’homicide conjugal. Elles offrent des services spécialisés en violence conjugale postséparation au premier chef la mise en sécurité physique, le premier critère d’admission est la dangerosité de l’ex-conjoint. Ceci concerne 8% des femmes qui, au départ d’un refuge d’urgence, vivent des enjeux de sécurité majeurs du fait de la dangerosité du conjoint. Elles hébergent plus de 500 femmes et enfants par année dans 140 chambres ou appartements.

Information :

Vicky Croisetière, agente de communication, communication@alliancemh2.org | 438-356-2100

Disponible pour entrevue: 

(En personne à Québec. Français/Anglais) Gaelle Fedida, coordonnatrice aux dossiers politique Alliance MH2

(En personne à Montréal. Français) Sabrina Lemeltier, présidente Alliance MH2