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SENSIBILISATION À LA VIOLENCE CONJUGALE POSTSÉPARATION À LA DPJ

Montréal, le 2 décembre 2020 – Les membres de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (MH2) étaient satisfaites de constater une sincère préoccupation sur les impacts des violences conjugales et des violences conjugales postséparation sur les enfants dans le rapport intérimaire de la Commission Laurent paru lundi. Effectivement, l’Alliance salue l’intégration de cet enjeu dans les thématiques qui se sont imposées aux commissaires alors que l’on peut lire dans le rapport : « Les enfants qui vivent dans un contexte de violence conjugale et de conflits sévères de séparation ont besoin d’être protégés efficacement. Le phénomène semble être en hausse, si bien qu’il faut porter davantage d’attention à ces situations et placer l’enfant au centre de l’intervention en tenant compte de ses traumatismes en lien avec les conflits parentaux et conjugaux. Il importe de reconnaître l’existence de la violence post-séparation et d’intervenir adéquatement. »

À ce sujet, la Direction de la protection de la jeunesse de Montréal avait déjà amorcé une mise en place concrète d’actions en mandatant l’Alliance pour des séances de sensibilisation à la violence conjugale postséparation. Le processus ayant débuté cet automne a permis à plus de 450 gestionnaires et intervenant-e-s de recevoir un atelier d’une demi-journée. Ces séances ne représentent que le début d’un partenariat entre l’Alliance et la DPJ de Montréal qui devrait se découler vers des séances de formation et d’accompagnement plus approfondies en 2021. L’Alliance est ainsi emballée à l’idée d’une intégration élargie de la notion de violence conjugale postséparation à l’échelle provinciale dans les interventions de la DPJ et espère que les autorités provinciales sauront éventuellement s’inspirer du modèle développé dans la région de Montréal.

Un peu plus sur la violence conjugale postséparation

La violence conjugale postséparation est une forme méconnue de violence conjugale qui passe souvent inaperçue parce qu’elle est mal interprétée comme un conflit parental ou une chicane entre ex-conjoints. La séparation est une période où les stratégies de domination et de contrôle de l’ex-partenaire violent se transforment, se multiplient et perdurent. La femme et ses enfants sont donc exposés à un plus grand danger qui peut aller jusqu’à l’homicide. À l’approche du funeste anniversaire du meurtre de Dahia Khellaf, 42 ans, et ses 2 garçons de 2 et 4 ans, assassinés le 11 décembre 2019, par l’ex-conjoint de madame et père des enfants, nous ne pouvons que saluer un mouvement sincère de la DPJ vers une meilleure compréhension de la violence conjugale postséparation dans un espoir de prévenir d’autres tragédies de la sorte.

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À propos de l’Alliance :

Les maisons d’hébergement de 2e étape (MH2) ont une expertise spécialisée en violence postséparation, au regard de la dévictimisation, de l’analyse de la dangerosité du conjoint, des impacts sur les enfants exposés à la violence conjugale, de la réinsertion sociale des victimes et de l’autonomisation des femmes hébergées. En 2019, les 24 membres de l’Alliance ont hébergé 512 personnes (223 femmes et 289 enfants) en danger de violence conjugale postséparation dans un parc total de 119 logements et 21 chambres. On évalue que 8% des femmes victimes de violence conjugale sont toujours en grave danger à la sortie d’un hébergement d’urgence et ont besoin de passer en maison d’hébergement de deuxième étape! . Malheureusement, le taux de refus des demandes admissibles est de 75% à Montréal, et 37% dans les régions où le service existe ! Nous osons espérer que le MSSS débloquera rapidement les 69 nouvelles places en maison de 2e étape en attente d’approbation depuis 15 mois.

 

 

Source :

Vicky Croisetière, agente de communication, communication@alliancemh2.org | 438-356-2100