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À la maison de 2e étape, j’ai compris comment poursuivre ma vie malgré toutes mes pertes

Une oeuvre de Marie Montiel

Une oeuvre de Marie Montiel.

Témoignage d’une ex-résidente d’une maison de 2e étape, devenue administratrice d’une maison membre de L’Alliance

Mon premier contact avec la maison de 2e étape, c’était avec la seule travailleuse de la maison, à l’époque, laquelle m’a reçue avec bon caractère, ce qui m’a fait sentir en sécurité. Pourquoi? Parce qu’elle avait le temps de me donner la force de continuer et de vouloir vivre. Quand elle m’a montré le nouvel endroit où j’allais vivre, je sentais que j’allais être sans violence malgré les pensées que mon agresseur allait me suivre, enquêter ou me sortir de mon nouveau foyer pour m’amener de nouveau avec lui. Ses menaces de mort et ses ordres sont restés dans ma tête pendant quelques années.

Je suis arrivée à la 2e étape avec des problèmes de santé. J’étais très fragile physiquement et mentalement. Je sentais un vide intérieur, sans aucune espérance et avec la culpabilité envers tout ce qui était en train de se passer dans ma vie. De plus, je ne pouvais pas communiquer dans la langue française, même dans ma langue espagnole car j’avais perdu l’habitude de communiquer. Mon agresseur m’a interdit de parler pendant plusieurs années durant lesquelles il m’a isolée des contacts avec l’extérieur et avec la réalité. J’étais, selon lui, sa propriété et la femme qui devait rester à ses ordres et à son service.

J’ai commencé à connaître les ressources offertes par la 2e étape, comme les formations, par exemple, comment reconnaître la violence conjugale. J’ai appris à ne pas avoir constamment peur de rencontrer la personne qui m’a agressée physiquement, psychologiquement et verbalement. Une autre ressource a été les contacts et la communication avec les autres victimes qui étaient à la 2e étape. J’ai confirmé, comme en maison de 1ère étape, que je n’étais pas la seule et unique victime.

La travailleuse m’a toujours donné l’information dont j’avais besoin et selon mes priorités. La travailleuse m’a également aidée avec mon avocat et accompagnée jusqu’à la fin des procédures de divorce. La travailleuse m’expliquait avec détails comment chercher de l’aide économique, de l’aide alimentaire, etc. Elle avait la patience de m’expliquer les choses, une et plusieurs fois.

Quand j’avais des crises dues à mes problèmes d’oreille sinon à cause de toutes les séquelles de la violence que j’ai subie pendant des années, la travailleuse m’accompagnait à l’hôpital. La travailleuse m’a aidée à comprendre comment continuer malgré toutes mes pertes. J’ai perdu des amitiés et plusieurs membres de ma famille proche. À chaque fois qu’elle me voyait avec un obstacle et qu’elle me voyait si fragile, la travailleuse m’écoutait attentivement pour savoir comment sortir ses outils pour que je puisse continuer. Par exemple, comment retrouver mon estime, comment être capable d’avancer par mon propre effort, comment dénoncer les personnes qui m’agressent… À cause de cette mauvaise expérience qui a laissé des séquelles pour la vie dans mon corps et dans mon esprit.

Je peux vous dire que la 2e étape m’a donné l’opportunité de former une femme qui tient à poursuivre sa vie en avant et à contribuer à l’humanité. Autant que possible et selon mes capacités. Je suis fière d’avoir connu la 2e étape et je lui souhaite longue vie pour que toutes les personnes qui requièrent son aide puissent y avoir accès.

Je souhaite de tout mon cœur que vous compreniez mon témoignage. Je ne suis pas allée à l’école pour apprendre à écrire, lire ou parler le français. L’écriture et la traduction, je la fais par mes propres moyens dû à ce que j’ai appris toute seule. Je suis autodidacte et je m’efforce pour écrire le français de manière égale.

Soyez, madame, mademoiselle, que vous soyez adolescente, fille ou une famille, la bienvenue ou les bienvenues. Sachez qu’on est là pour vous et que l’on existe pour vous. Merci sans fin, maison de 2e étape.

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